Reframing
La capacité d’éclairer un comportement ou une situation sous différents angles rend notre esprit libre et souple. Entraîne ta capacité à voir la signification de manière flexible et augmente ainsi considérablement tes possibilités de choix dans les situations difficiles.
Table des matières
Définition du reframing
Le terme « Reframing », souvent écrit à tort « Refraiming », dérive du mot anglais « Frame », qui signifie « cadre ». Reframing (recadrage) signifie littéralement donner un nouveau cadre aux choses.
Reframing signifie :
reformuler quelque chose ou le placer dans un autre cadre, afin de provoquer chez la personne concernée un changement dans son vécu grâce à ce changement de signification ou de perspective.
La signification qu’ont un événement, une déclaration, un comportement, une croyance, un déclencheur ou un stimulus dépend du contexte, du cadre dans lequel nous les plaçons, que nous leur donnons. Frame, c’est le cadre. Reframing signifie construire un nouveau cadre, donner une nouvelle signification. Une image peut paraître tout à fait différente et produire un effet différent dans un nouveau cadre. Lorsqu’un problème est reframé, le même événement reçoit une nouvelle signification : de nouvelles réactions et de nouveaux comportements deviennent possibles. Le reframing désigne le processus de recadrage, l’adoption d’une nouvelle perspective, d’une nouvelle manière de percevoir, d’une nouvelle interprétation.
Qu’est-ce que le reframing ? Expliqué par Stephan Landsiedel
Présupposés
Le reframing repose sur les présupposés suivants :
- Chaque comportement a un sens dans un certain contexte.
- À chaque comportement est attribuée une signification.
- Derrière chaque comportement se cache une intention positive.
Citations sur le thème du reframing
« Ce ne sont pas les choses en elles-mêmes qui nous troublent, mais plutôt notre interprétation de la signification de ces événements, qui détermine notre réaction. »
- Marc Aurèle
« Regarde toujours le côté lumineux de toutes choses - et si elles n’en ont pas, frotte le côté sombre jusqu’à ce qu’il brille. »
- Nikolaus Enkelmann
Une histoire de reframing
Le paysan et le cheval (Extrait du livre « Reframing » de Bandler/Grinder)
Une très ancienne histoire taoïste chinoise raconte celle d’un paysan vivant dans une pauvre communauté villageoise. On le considérait comme privilégié, car il possédait un cheval avec lequel il labourait et transportait des charges. Un jour, son cheval s’enfuit. Tous ses voisins s’écrièrent que c’était terrible, mais le paysan se contenta de dire : « qui sait à quoi cela peut servir ». Quelques jours plus tard, le cheval revint en ramenant deux chevaux sauvages. Les voisins se réjouirent tous de sa bonne fortune, mais le paysan dit seulement : « qui sait à quoi cela peut servir ». Le lendemain, le fils du paysan essaya de monter l’un des chevaux sauvages ; le cheval le jeta à terre et il se cassa une jambe. Les voisins lui exprimèrent toute leur compassion pour ce malheur, mais le paysan répéta encore : « qui sait à quoi cela peut servir ».
La semaine suivante, des officiers de recrutement arrivèrent au village pour emmener les jeunes hommes à l’armée. Ils ne voulurent pas du fils du paysan, parce que sa jambe était cassée. Quand les voisins lui dirent quelle chance il avait, le paysan répondit : « qui sait à quoi cela peut servir... ».
Les reframings apparaissent dans...
- dans les blagues : Presque chaque blague fonctionne en plaçant des événements dans un certain cadre, puis en le changeant soudainement et radicalement. Dans les blagues, on prend un objet ou une situation et on les place tout à coup dans un autre contexte ou on leur donne un autre sens. Exemple : Qu’ont en commun Alexandre le Grand et Smokey l’ours ?
- les fables et les histoires : Par exemple Pinocchio (son long nez est d’abord négatif parce qu’il ment - mais dans la baleine, il permet la fuite, parce qu’il maintient la gueule ouverte).
- les processus créatifs : Un événement inhabituel est vu dans un nouveau cadre, et voilà qu’une grande invention naît :
Un homme se réveille la nuit et sent l’extrémité pointue d’un vieux ressort rouillé de son matelas lui percer le dos. Quelle utilité un vieux ressort de matelas pourrait-il avoir ? (À part lui ôter le sommeil.) Il le retransforma en élégant coquetier et fonda une entreprise prospère sur cette idée.
Un ami du physicien Donald Glaser montra un verre de bière et dit en plaisantant : « Pourquoi ne pas utiliser cela pour capturer vos particules subatomiques ? » Glaser observa les bulles qui se formaient dans la bière et retourna dans son laboratoire pour y inventer la « chambre à bulles », semblable à la chambre à brouillard de Wilson, et ainsi déterminer la trajectoire des particules dans des expériences physiques à haute énergie.
Pour une scierie, la sciure est un déchet - pour une usine de panneaux agglomérés, c’est une matière première. La signification de la sciure est la même dans les deux cas (de la poussière grossière de bois produite lors du sciage de planches et de troncs), mais le contexte est différent.
Anecdote de Henry Ford :
Un jeune collaborateur talentueux avait, à cause d’une erreur de management, fait perdre plusieurs centaines de milliers de dollars à l’entreprise et devait maintenant en rendre compte à Henry Ford. Il craignait d’être licencié et dit : « Je suis terriblement désolé. Vous allez sans doute me renvoyer. » Henry Ford lui répondit : « Vous plaisantez ? Je viens d’investir plusieurs centaines de milliers de dollars dans votre formation, et je suis certain que cet investissement portera ses fruits. »
Types de reframing
On distingue deux types de reframing.
Reframing de contexte :

Placer un comportement indésirable dans un contexte qui lui convient et trouver un nouveau comportement adapté à l’ancien « contexte-problème ».
« Un exemple : un père qualifie sa fille d’obstinée. Le thérapeute lui dit : imaginez que votre fille soit importunée par un homme. Ne serait-il pas très utile qu’elle soit alors obstinée ? »
Le but thérapeutique de cette intervention est d’aider le père à développer un sentiment positif à l’égard de la caractéristique rejetée.
Les reframings de contexte sont indiqués lorsque, dans la représentation verbale du problème par le client, apparaît une comparaison de la forme : « Je suis trop X » ou « Il/elle est trop X ». Dans ce cas, il y a une généralisation, car la caractéristique rejetée est considérée comme mauvaise dans tous les contextes imaginables. En trouvant un contexte dans lequel cette caractéristique est appropriée et utile, le thérapeute annule la généralisation et la remplace par une formulation contextualisée. » (tiré du « Dictionnaire de la PNL » de Ötsch/Stahl)
Reframe : chercher un contexte dans lequel X est utile.Reframing de signification (= reframing de contenu) :
Trouver une signification « plus appropriée » pour le comportement vécu comme problématique = un autre angle de vue sur le même phénomène.
Exemple : une mère s’énerve à cause des traces de pas de ses enfants sur le tapis. Pour elle, « des traces de pas sur le tapis » signifient : « Personne ne me respecte. » Une nouvelle signification pourrait être : « Des traces de pas sur le tapis » signifient : « Des êtres chers sont dans la maison. »
Le reframing de signification est utilisé lorsque, dans le modèle verbal du client, apparaît une formulation ayant la forme d’une équivalence complexe : « Je me sens x quand y se produit » - ce qui peut se représenter ainsi : « x signifie que je dois me sentir y. » (tiré de : Le Dictionnaire de la PNL de Ötsch/Stahl)
Reframe : « Que se passerait-il si Y signifiait maintenant Z ? »
Séparation de l’intention et du comportement
Il s’agit d’un principe important de la PNL. Souvent, une intention peut être très positive et bonne, alors que le comportement par lequel elle cherche à se réaliser ne l’est pas. Nous pouvons reconnaître l’intention positive et remplacer le comportement.
Au cœur du reframing se trouve la distinction entre comportement et intention : entre ce que l’on fait réellement et ce que l’on essaie en fait d’obtenir par ce comportement.
Exemples :
- Comportement:
Une femme se fait constamment du souci pour sa famille. - Effet possible vers l’extérieur :
La famille le perçoit comme du rabâchage et le lui reproche. - Intention :
Sa manière de montrer qu’elle les aime et se soucie d’eux.
- Comportement :
Un homme travaille énormément. - Effet possible vers l’extérieur :
La famille a l’impression qu’il ne s’occupe pas assez d’elle et souhaiterait qu’il passe davantage de temps avec elle. - Intention :
Il aime sa famille et veut gagner plus d’argent pour elle.
Le moyen de se débarrasser d’un comportement indésirable n’est pas d’essayer de l’arrêter par la seule volonté. Cela garantit qu’il persistera, parce que tu lui donnes de l’attention et de l’énergie. Trouve une autre manière, meilleure, de réaliser ton intention. Une manière davantage en accord avec l’ensemble de ta personnalité. On ne détruit pas les lampes à gaz avant d’avoir installé l’électricité, à moins de vouloir rester dans l’obscurité.
(extrait de Programmation neurolinguistique : « Communication réussie et épanouissement personnel » de Joseph O’Connor et John Seymour)
Découvre-en davantage sur le reframing dans l’enregistrement du séminaire en ligne avec notre formateur Joerg-Friedrich Gampper.
Lis la suite ici :