Modèle de Milton – Comparaison avec le méta-modèle et schémas linguistiques
Comparaison entre le méta-modèle et le modèle de Milton
D'une certaine manière, le modèle de Milton du langage hypnotique représente une inversion du méta-modèle. Le méta-modèle cherche à apporter clarté et précision à la communication. Le modèle de Milton, quant à lui, cherche délibérément à être vague et imprécis afin d'éveiller des associations et d'activer des ressources.
- Le modèle de Milton est, sur le plan linguistique, l'exact inverse du méta-modèle. Alors qu'avec le méta-modèle nous nous entraînons à utiliser un langage spécifique, le modèle de Milton fournit des indications pour un usage non spécifique du langage. Les formes d'expression indéterminées que nous interrogeons à l'aide du méta-modèle, à savoir les effacements, les généralisations et les distorsions, sont précisément les formes linguistiques que nous utilisons de manière ciblée dans le modèle de Milton.
- L'objectif de l'application du méta-modèle est de recueillir des informations précises et spécifiques (en allant de la structure de surface vers la structure profonde du langage et de l'expérience). Cela permet de « redécouvrir » des informations et des expériences perdues. Il s'agit donc ici avant tout de processus de prise de conscience.
- Le modèle de Milton fonctionne tout autrement. Il nous offre de multiples possibilités de former des phrases pleines d'effacements, de distorsions et de généralisations. L'auditeur trouve les informations manquantes en lui-même et développe ainsi sa propre signification à partir de ce qu'il entend.
- L'utilisation de formes linguistiques non spécifiques vise à induire et à maintenir un état de transe, afin de mettre l'interlocuteur en contact avec les ressources cachées, donc inconscientes, de sa personnalité.
- Cela signifie que les deux approches ont finalement en commun de viser à rendre de nouveau accessibles des expériences et des ressources « oubliées » ou « inconscientes ». Le chemin pour y parvenir est cependant opposé.
Schémas linguistiques du modèle de Milton
De nombreux schémas linguistiques du modèle de Milton sont présentés ici et expliqués à l'aide d'exemples.
Dans les schémas linguistiques suivants, il s'agit, en plus de suggérer certaines sensations, surtout de laisser au client une marge de manœuvre lui permettant de trouver en lui-même les informations manquantes et ainsi de développer sa propre signification de ce qu'il entend. En même temps, l'utilisation de formes linguistiques non spécifiques vise à induire et à maintenir un état de transe, afin de mettre l'interlocuteur en contact avec les ressources cachées et inconscientes de sa personnalité.
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Généralisation (généralisations)
- Quantificateurs universels (termes universels) :
Tu as toujours pressenti que toutes les possibilités s'offrent à toi, car même si tu ne l'as jamais vraiment su, tout le monde te l'a toujours dit et c'est pourquoi... - Opérateurs modaux (mots de possibilité ou de nécessité) :
et tu peux te permettre d'être déjà capable de t'autoriser ce qui te sera bientôt possible, même si tu dois encore attendre un peu avant que .... - citations perdues, règles « universellement valables », citations dans des citations :
il est bon de se détendre, car après le travail accompli on a le droit de se reposer, car mon père nous racontait toujours comment ma grand-mère s'asseyait autrefois près de la cheminée et déclarait qu'il était temps d'aller dormir, puis il lui revenait encore à l'esprit que....
Différentes formes d'effacement (suppression)
- Effacement simple :
Des informations manquent. Ex. Tu peux continuer, lâcher prise, il est revenu .... - Effacement de la comparaison :
Cela va déjà mieux, plus facilement, davantage, il est plus agréable de se détendre encore plus. - référence non spécifique :
Il manque l'indication de ce à quoi et/ou à qui se rapporte ce qui est dit.
- quelque chose..., beaucoup de gens..., « on », quelques..., n'importe quoi, certaines choses..., quelque chose en toi
- le rocher pleure, arbre ; mer, prince, animal, ... (référence symbolique)
- l'œil, l'oreille, cordial, périlleux, de très près (langage des organes)
- verbes non spécifiques :
Des verbes comme apprendre, résoudre, changer, penser, savoir, faire l'expérience de, comprendre, se souvenir, vivre, prendre conscience, sont relativement non spécifiques. Quand quelqu'un dit : « Tu peux apprendre », la manière d'apprendre reste non spécifique et le client peut utiliser sa propre « expérience » de l'apprentissage. - Nominalisations :
Des mots qui transforment un processus en une chose, comme vie, relation, capacité, problème, expérience, ... L'utilisation de nominalisations permet à l'interlocuteur d'y insérer ses expériences tout à fait personnelles.
Je suppose qu'il y a eu déjà plus tôt dans ta vie des difficultés pour lesquelles il ne semblait d'abord pas exister de solution. Et parfois, il y avait alors une surprise, lorsqu'un changement positif survenait soudain, comme sorti de nulle part.
Distorsion (fantasmer)
Lecture de pensée / lecture d'expérience (s'accorder - pacing) ; exemple : Tu peux entendre ma voix pendant que ta respiration entre et sort régulièrement et que tu es assis ici sur cette chaise ; peut-être vois-tu aussi quelque chose d'intéressant devant ton regard intérieur.
- prêter attention au feedback et l'utiliser ; calibrer
- Utiliser les changements (par ex. : et ce froncement de sourcils aussi fait partie d'une expérience importante pour toi)
- Indétermination : exemple : Peut-être te demandes-tu ..., cela pourrait te plaire, ou pas..., quelque part, d'une certaine manière, il se pourrait que
Cause-effet
Ce schéma linguistique invite l'auditeur à croire qu'en raison d'un fait, quelque chose d'autre se produit nécessairement.
- « pendant que » crée un lien temporel : Pendant que tu continues à respirer, tu lâches de plus en plus prise.
- Les verbes de causalité comme faire, laisser, provoquer, créer, aider, etc. établissent la forme la plus forte de liens de cause à effet.
Le son de ma voix te rend encore plus détendu.
Puisque tu es profondément détendu, il peut commencer à t'être possible de te sentir bien.
Ce schéma est très efficace lorsqu'on relie un comportement que le client vit déjà (pace) à un nouveau comportement (lead).
Présuppositions
Les présuppositions sont des affirmations qui ne sont pas remises en question. Elles échappent à l'attention. Sur le plan linguistique, elles correspondent à ce qui subsiste même lorsqu'on nie la phrase entière.
- choix apparent : Veux-tu tondre la pelouse ou faire du piano ?
- question présupposante : Et je me demande à quel point tu peux bien te détendre aujourd'hui.
- succession temporelle : Veux-tu entrer en transe maintenant ou dans 5 minutes ?
- numérotations : Peut-être te demandes-tu quelle partie du corps se détend en premier ?
- mots marquant le changement dans le temps : Tu peux continuer à te détendre.
Ordres indirects
Les ordres indirects peuvent être marqués par des pauses, l'intonation, des gestes.
Je ne sais pas quand tu te sentiras mieux.
Et même dans cet état silencieux, il est possible d'apprendre quelque chose de décisif.
Il faut noter que les ordres indirects négatifs agissent tout autant que les ordres formulés positivement.
Je ne veux pas que tu te sentes trop calme.
Tu n'as même pas besoin de m'écouter.